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Aperçus de Bolivie

QUELQUES CHIFFRES

                                                      Sources : « The World Guide » 2003/2004

« Rapport Mondial sur le

 développement humain »  PNUD 2003  


 

CAPITALE

Sucre (Capitale Constitutionnelle)    

La Paz (siège du gouvernement)


ECONOMIE

 

Monnaie

Boliviano (7Bs=1$)

PIB par hab.

2.424 $

Dette extérieure

5.762 millions $

Exportations

1.453 millions $

Importations

2.078 millions $

 

 

 

 

 

BOLIVIA

Enclavée au cœur de l’Amérique du Sud, la Bolivie n’a pas d’accès direct à la mer.Son territoire comporte trois régions distinctes : el Oriente  ou los llanos orientales (les plaines orientales), los Valles (les vallées), el Altiplano (haut plateau montagneux).

 

GEOGRAPHIE (fuente: Expediente Bolivia, Oxfam-Solidarité,Bélgica, 2004)

                         

El Oriente couvre les deux tiers de l’ensemble du territoire, soit     trois départements : Pando, Béni et Santa Cruz. Son climat tropical chaud et humide et ses terres fertiles ont permis d’y développer une agriculture intensive. On y trouve de grandes exploitations agricoles (des agro-industries) qui produisent des cultures d’exportation comme par exemple du coton, du soja, du riz, du cacao... Les forêts tropicales au nord de l’Oriente font déjà partie du bassin amazonien et sont traversées par de grands affluents de l’Amazone. Ici, on exploite différentes variétés de bois. Enfin, dans la zone plus au sud de Santa Cruz, on trouve encore d’autres matières premières comme par exemple du pétrole, une importante production de gaz, des minerais de fer mais aussi des pierres précieuses.

 Los Valles , les vallées, avec une altitude allant de plus ou moins 1000 m à 2000 m, se situent entre les Andes et l’Oriente. Elles regroupent les départements de Cochabamba, Chuquisaca avec la capitale Sucre, et Tarija. Le bon climat de cette région permet la production de céréales comme le blé, l’avoine et le maïs. Au nord de Cochabamba et en descendant vers les plaines, se trouve la région du Chapare où se cultive la feuille de coca. Les vallées plus profondes portent le nom de Yungas. On y cultive une grande variété de fruits tropicaux, du café, du thé, du tabac et aussi la coca.

El Altiplano est la partie « andine » du pays située entre les deux cordillères : occidentale et orientale. Son altitude moyenne est de 3800 m. Cette région qui regroupe les départements de La Paz, Oruro et Potosi, inclut aussi les deux principaux lacs de Bolivie : le lac Titicaca  sur la frontière avec le Pérou et le lac Poopo du côté de Oruro. Une autre spécificité géographique est le salar de Uyuni, un lac de sel qui contient un important minerais : le lithium. Ici, les activités économiques de base sont l’agriculture, l’élevage de lamas et l’artisanat. La rudesse du climat et la qualité du terrain n’ont pas permis l’essor de l’agriculture. Celle-ci se limite à une agriculture d’autosubsistance. On y cultive notamment une graine traditionnelle nommée « quinoa ». C’est par ailleurs dans les Andes que les conquistadors ont découvert la culture de la pomme de terre. La mine est une autre activité économique essentielle de l’Altiplano qui a donné naissance aux villes de Potosi et d’Oruro.

HISTOIRE DE BOLIVIE

De Tiwanaku aux Incas 

The World's Greatest Wonders (1930)
Author: Garden City Publishing
Illustrator: na
Publisher: Garden City Publishing
Copyright (c) 1996 Zedcor Inc. All Rights Reserved.
Keywords: Gate of the Sun at Tiahuanaco Lake Titicaca stone ruins Inca Ak-Kapana relief decoration, World's Greatest Wonders Americas, b/w

 

Depuis le Tiwanaku jusqu'aux  Incas

Déjà deux millénaires avant notre ère, les peuples andins étaient avancés en matière d’agriculture : ils cultivaient la pomme de terre, la quinoa, le maïs, le riz… Ils connaissaient déjà des techniques d’irrigation, et avaient domestiqué les lamas, travaillaient le bronze et se perfectionnaient en  tissage. Cette société prestigieuse portait le nom de Tiwanaku. Elle allait inspirer fortement la civilisation Inca  qui lui succéda au XVème siècle. Cette dernière formait un empire immense – le Tawantinsuyu - qui s’étendait du nord de l’Equateur au nord du Chili. Kollasuyu était le nom de la région correspondant à l’actuelle Bolivie. Les Incas se distinguaient par leur sens de l’organisation basée sur la collectivité et par leur efficacité en matière de gestion de la nourriture. En effet, ils avaient réussi à organiser les communautés villageoises (= Ayllu) en fédérations. Chaque fédération s’étalait sur les trois régions géographiques : montagne, vallée et terre basse tropicale. Cette structure originale appelée « étages écologiques » permettait d’assurer une grande variété alimentaire toute l’année

Propres terres 

Le débarquement de Francisco Pizarro sur les côtes péruviennes en 1532 annonça la fin de l’empire inca déjà affaibli par des luttes de pouvoir internes. Les Espagnols, pour s’imposer aux autochtones qu’ils nommèrent erronément « Indiens », éliminèrent toutes leurs autorités et déstructurèrent toutes les fédérations. L’agriculture collective de l’époque inca fut abolie et remplacée par une agriculture de type féodal où dominait la propriété privée aux mains exclusives des colons espagnols. C’est ainsi que se créa une aristocratie de grands propriétaires fonciers et une classe d’ouvriers agricoles opprimés.  Mais l’appropriation des terres agricoles n’était pas la seule ambition des conquérants. La découverte des minerais précieux à Potosi et à Oruro  a conduit à la mise en esclavage des peuples indiens ; on parle de huit millions de vies humaines sacrifiées dans les mines !

La résistance permanente des communautés indiennes a trop souvent été ignorée dans les récits historiques officiels. Elle s’illustre notamment par de grands noms comme Tupaj Amaru et les frères Katari.

 

Des années mouvementées

L’Amérique du Sud n’a pas connu de décolonisation physique rendant l’autonomie aux peuples autochtones. L’indépendance a signifié en fait la rupture avec l’Espagne et la création d’Etats ayant au pouvoir les « créoles », descendants des colons espagnols.

La suite de l’Histoire bolivienne est assez mouvementée. Son territoire s’est réduit considérablement suite à une série de guerres avec les pays voisins – ayant également au pouvoir une élite blanche ! Les gouvernements et les régimes militaires dictatoriaux se sont succédés laissant le pays dans un climat permanent d’oppression et de répression. La révolte et la résistance indienne gagnèrent cependant du terrain. Les paysans et les mineurs commencèrent à créer des syndicats. Un grand nombre de partis politiques virent le jour. C’est dans ce climat que, en 1953,  le gouvernement lança une grande Réforme Agraire qui aurait dû changer radicalement le sort des petits paysans. Bien qu’il y eut l’abolition de la semi-servitude des Indiens et parcellisation des terres dans l’Altiplano, les titres de propriété terrienne, ne furent jamais délivrés.

A partir des années soixante, durant les régimes militaires qui suivirent, notamment sous le Général d’extrême-droite Hugo Banzer, on procéda dans un climat de corruption et d’influence politique,  à la donation de terres fertiles à quelques privilégiés. C’est dans ce contexte qu’apparurent les agro-industries dans l’Oriente. Face à cette déviation flagrante de la Réforme Agraire de ’53, la résistance des peuples indiens s’est traduite par des « marches pour le territoire », des manifestations avec les syndicats mais leurs revendications ne reçurent que la répression comme réponse.

 

Vers le neolibéralisme

Les années 80 annoncent la fin des dictatures militaires un peu partout en Amérique latine.  Pour la Bolivie, c’est à partir de 1982 que la situation politique semble se stabiliser. Sous l’apparence de « jeune démocratie », elle entre de plein pied, vers 1985, dans l’économie libérale de libre marché (néolibéralisme) et le commerce mondial. Une orientation qui se traduit par de nombreuses mesures d’austérité économique, de licenciements massifs et  une crise sociale conduisant à une incontrôlable marginalisation d’une grande partie de la population. En 1985, c’est le secteur des mines qui est durement touché : l’effondrement du prix de l’étain sur les marchés mondiaux va provoquer la fermeture progressive des mines – quelque 20.000 mineurs se retrouvent sans emploi. Devenir vendeurs ambulants, ou retourner travailler la terre, seront alors pour eux, les seules alternatives possibles. Bon nombre de ces ex-mineurs décideront d’émigrer dans le Chapare, une région de la vallée, pour y cultiver la feuille de coca et cela malgré l’interdiction et la répression violente contre cette culture associée au trafic de drogue.

Au début des années 90, face à la campagne répressive d’éradication de la coca dirigée par l’organisation états-unienne DEA (Drug Enforcement Agency), les cocaleros s’organisent en syndicats. En juin 97, par un jeu politique assez discutable,  c’est  l’ex-dictateur militaire Hugo Banzer qui retrouve la Présidence. C’est lui qui renforcera encore la politique d’éradication forcée de la coca avec le « Plan Dignidad » : un programme de militarisation de la zone du Chapare avec comme objectif l’éradication totale de la coca, c’est le projet « coca zéro ».

 

 

 

« Bolivia no se vende »

En 2000, dans un climat de crise socio-économique de plus en plus aiguë, le gouvernement bolivien concède la gestion de l’eau de la région de Cochabamba à une grosse multinationale californienne : la Bechtel Corporation. Mais la population entière de Cochabamba se soulève contre cette tentative de privatisation de l’eau : c’est la « Guerre de l’Eau ». Après des mois de révoltes sanctionnées d’une forte répression, la rue l’emporte, la multinationale est expulsée du pays! Le peuple n’en reste pas là, et pour protéger son « droit à la vie », une « Coordination Pour la Défense de l’Eau » réunissant différents secteurs de la société civile, voit le jour. Le succès de Cochabamba encourage d’autres régions à manifester ses mécontentements face à la crise: dans les régions aymaras de l’Altiplano, sous la conduite de Felipe Quispe  dit le Mallku,  une série de blocages de routes coupent l’accès à la ville de La Paz.

En 2001, pour des raisons de santé, le général Hugo Banzer cède le pouvoir  à Tutto Quiroga qui assurera l’intérim jusqu’aux élections présidentielles de 2002. Deux nouveaux partis politiques marqueront ces dernières élections : le MIP (Mouvement Indien Pachakuti) dirigé par le Mallku et qui prône un retour à l’Etat du Tawantinsuyu ; et le MAS (Mouvement vers le Socialisme) un parti  dirigé par le leader cocalero Evo Morales,  d’origine aymara. Mais c’est le candidat appuyé par les Etats-Unis, Gonzalo Sanchez de Lozada du parti MNR (Mouvement National Révolutionnaire, pro-libéral ) qui remporte ces élections avec à peine une avance de  0.6% des voix  sur le MAS. Par son discours ouvertement anti-néolibéral et anti-ingérence états-unienne, Evo Morales devient la première force de l’opposition et se retrouve sur la liste noire des Etats-Unis…

 

Chronique d’une poudrière…

Quelques mois plus tard, Morales se fait expulser du gouvernement pour avoir accusé le Président d’escroquerie concernant l’application de la loi des hydrocarbures, une  loi érigée en 1997 qui permet aux multinationales étrangères de retirer un maximum de profit de l’exploitation du gaz et du pétrole bolivien. Un fait qui sera à l’origine de la dénommée Guerre du Gaz : lorsque le gouvernement bolivien annonce la vente des réserves de gaz aux Etats-Unis, par l’intermédiaire du consortium de multinationales (Pacific LNG), en passant par un port maritime chilien, le pays est au bord de l’explosion. La COB (Centrale Ouvrière Bolivienne) , le MIP et le MAS  appellent à la grève générale illimitée.  Mineurs, cocaleros, paysans, sans emplois, étudiants…. tous se rallient au mouvement de protestation et réclament la suspension du contrat de la vente du gaz et la révision de la loi des hydrocarbures. L’économie du pays se paralyse. On assiste à des manifestations gigantesques dans les rues de La Paz et à des affrontements sanglants dans les rues de El Alto.  Les médias du monde entier sont alors braqués sur le cœur –jusque là oublié- de l’Amérique du Sud. De jour en jour, le mouvement grossit et la rue exige la démission du Président Lozada. Celui-ci ne pourra résister plus longtemps et le 15 octobre 2003, il s’enfuit pour  Miami laissant derrière lui plus de 80 morts et 200 blessés lors des affrontements. Comme le prévoit la Constitution, c’est le vice Président Carlos Mesa qui, depuis lors, assume le pouvoir. Mesa est censé résoudre la crise et bénéficie pour le moment du soutien de l’opposition mais jusqu’à quand ? Comment pourra-t-il répondre au défi d’une part de satisfaire les aspirations du peuple bolivien désireux de récupérer le bénéfice de ses ressources naturelles et d’autre part de répondre aux exigences du FMI sans provoquer le mécontentement des Etats-Unis ? 

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